Logement durable : six conseils pratiques
Le changement climatique bouleverse déjà notre mode de vie. Pour y faire face et tenter d’inverser la tendance, de nombreuses actions peuvent être mises en place, à l’échelle individuelle comme pour des populations entières. Cela passe notamment par un meilleur aménagement des logements et une consommation d’énergie domestique raisonnée.
Développement durable, de quoi parle-t-on ?
Répondre aux besoins du présent, en tenant compte des contraintes écologiques, économiques et sociales, sans compromettre les capacités des générations futures à faire face à leurs propres besoins, telle est la définition du développement durable. Il s’agit donc d’inscrire nos choix politiques et économiques dans un temps long, en prenant en compte leurs conséquences pour nos enfants et petits-enfants, en y intégrant la protection de l’environnement.
Cette notion de développement durable est apparue pour la première fois en 1980 dans une publication de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Depuis, elle s’est largement popularisée : nous avons pris conscience que le développement d’une partie de l’humanité ne peut plus se faire au détriment d’une autre partie, la reléguant dans la pauvreté, ni au détriment de la Nature et des générations futures.
Le développement durable c’est :
- Maintenir l’intégrité de l’environnement, en préservant les écosystèmes, la biodiversité, la santé et la sécurité des populations humaines ;
- Assurer l’équité sociale, pour permettre l’épanouissement de toutes les femmes, de tous les hommes et de tous les enfants, dans le respect de la diversité et de toutes les communautés ;
- Viser la prospérité économique pour tous, c’est-à-dire une croissance basée sur une économie innovante, écologiquement et socialement responsable.
Un logement durable, qu’est-ce que ça veut dire ?
Concrètement, comment pouvons-nous agir à notre échelle, dans notre vie quotidienne, en faveur du développement durable au niveau de notre habitation ? Cela passe par de nombreuses actions, plus ou moins faciles à mettre en œuvre mais qui, mises bout à bout, peuvent représenter des changements importants et réellement bénéfiques pour la planète et aussi pour notre budget. Chaque action compte, et mieux vaut avancer étape par étape plutôt que vouloir tout changer du jour au lendemain !
- Baisser le chauffage pour réduire sa consommation d’énergie
L’une des premières dépenses énergétiques d’un logement, c’est le chauffage. Or réduire de 1°C le chauffage permet de faire baisser de 5 à 10 % sa consommation énergétique. Dans l’idéal, on ajuste la température selon les pièces : 19 à 20°C dans le salon, la cuisine, la salle à manger et le bureau, 16 à 18°C dans les chambres si on n’y fait que dormir (un peu plus pour les enfants qui jouent ou travaillent dans leur chambre) et 17 à 22°C dans la salle de bain selon qu’elle soit vide ou occupée. Dès qu’il fait nuit en hiver, on ferme les volets et/ou les rideaux des fenêtres, cela permet de réduire la perte de chaleur. On pense à programmer le chauffage pour baisser la température si on s’absente dans la journée ou plusieurs jours. Ces petits ajustements permettent de consommer moins de ressources et donc de rejeter moins de gaz à effet de serre, et de réduire la facture énergétique. C’est bon pour la planète et pour le budget !
- Diminuer sa consommation d’électricité
Comme la plupart des équipements électriques ne possèdent pas d’interrupteur et consomment de l’énergie même lorsqu’ils sont en veille, on les branche sur une multiprise avec interrupteur pour pouvoir les éteindre réellement lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Et on n’oublie pas de débrancher chargeurs de téléphone, tablette et équipements hi-fi lorsque ceux-ci sont chargés. Pour ce qui est de l’éclairage, idéalement, on profite de l’éclairage naturel en plaçant table de bureau et plan de travail de la cuisine près des fenêtres. Pour l’éclairage artificiel, on privilégie les systèmes qui consomment peu (LED et ampoules basse consommation), que l’on rapporte en magasin pour qu’ils soient recyclés. Et on n’oublie pas d’éteindre la lumière dans les pièces inutilisées !
- Bien choisir et utiliser son électroménager
À l’achat, on privilégie les machines à laver, télévisions, réfrigérateurs… les plus économes en énergie. Dans la cuisine, mieux vaut ne pas placer le réfrigérateur près d’une source de chaleur (four, radiateur…) et penser régulièrement à dégivrer le compartiment congélateur. Dans la mesure du possible, il convient de nettoyer la grille à l’arrière du réfrigérateur pour qu’il ne surconsomme pas d’électricité. Au niveau des machines à laver le linge, on privilégie les programmes courts et/ou à faible température à 30 à 40°C pour un linge modérément sale. Et on évite le sèche-linge qui consomme jusqu’à deux fois plus d’énergie qu’un lave-linge ! Pour les machines à laver la vaisselle, utiliser les programmes courts à 40 à 50°C pour la vaisselle du jour, cela consomme moins d’électricité que des programmes « éco » prévus plutôt pour réduire la consommation d’eau, à réserver pour des lave-vaisselles bien remplis. S’ils tombent en panne, on fait réparer les appareils ménagers plutôt que de les changer : il existe de plus en plus de solutions pour le faire soi-même en achetant des pièces détachées ou en faisant appel à des artisans locaux. D’ailleurs il existe désormais un indice de réparabilité de ces appareils. Et si on veut s’en débarrasser, les proposer à une recyclerie en premier lieu, sinon retour au magasin ou dépôt dans une déchetterie, mais surtout pas sur le trottoir ou en pleine nature !
- Privilégier des matériaux et ameublement écologiques
Si on veut donner un coup de frais à sa décoration et son ameublement, et que l’on souhaite le faire dans un esprit de développement durable, mieux vaut privilégier les matériaux les plus naturels et écologiques possibles : laine, lin ou coton par exemple pour les tapis, rideaux et tissus d’ameublement, du bois brut pour les meubles. Ces choix sont aussi ce qu’il y a de plus sain pour maintenir une bonne qualité de l’air intérieur et préserver ainsi la santé des occupants du logement. Attention au choix des peintures et revêtements de sol qui peuvent être plus ou moins toxiques. Et on dépose les pots de peinture non terminés en magasin de bricolage ou à la déchetterie, surtout pas dans une poubelle classique ! Vous souhaitez changer de canapé, acheter un nouveau bureau, investir dans une armoire ? Et pourquoi ne pas acheter d’occasion ! Que ce soit en brocante ou sur des sites qui mettent en relation des particuliers, on en trouve facilement de tous les styles et pour tous les budgets : donner une seconde vie aux meubles, c’est de l’économie circulaire, c’est à dire de la réduction de la consommation et du gaspillage, donc du développement durable.
- Raisonner sa consommation d’eau
En France, la consommation moyenne d’eau domestique est d’environ 150 litres par personne et par jour. En adoptant les bons réflexes et en installant certains dispositifs, il est possible de réduire d’un tiers notre consommation et la facture qui va avec. Cela a un impact positif sur les ressources naturelles en eau qui sont limitées. La première chose à faire, c’est de chasser les fuites, les chasses d’eau défectueuses et les robinets qui goutent. On peut réduire le volume d’une chasse d’eau un plaçant simplement une brique ou une bouteille d’eau pleine dans le réservoir de la chasse, ou investir en installant des chasses d’eau écologiques (avec petit réservoir et un système à double débit). L’idéal est aussi de privilégier les douches plutôt que les bains, et de couper l’eau au moment où l’on se savonne ! Grâce à une douchette avec un système d’aérateur, il est même possible de diviser par deux la consommation d’eau lors d’une douche sans perdre en efficacité. Il est également intéressant d’installer des mousseurs sur les robinets pour en réduire le débit. Contrairement aux idées reçues, un lave-vaisselle consomme moins d’eau qu’une vaisselle faite à la main, à condition de ne le faire tourner que lorsqu’il est vraiment plein. Et de ne pas rincer la vaisselle à la main avant de la mettre dans la machine (un geste inutile aujourd’hui car les machines sont plus efficaces.
- Bien gérer ses déchets
Les Français produisent toujours plus de déchets : la production annuelle a doublé en 40 ans et serait équivalente aujourd’hui à 568 kg par an et par habitant. L’idéal est évidemment de réduire au maximum ses déchets, mais il faut aussi trier au mieux ceux que l’on produit. En appliquant les consignes de tri le plus respectueusement possible, il est possible de valoriser au maximum les déchets recyclables et de minimiser ainsi son impact sur l’environnement, en économisant les ressources naturelles. Pour connaître ces consignes, la couleur des différentes poubelles et les jours de ramassage, ainsi que l’emplacement des points de recyclage (papiers et cartons, plastiques, verres, déchets verts et composteurs pour les déchets alimentaires), il suffit de se renseigner auprès de la mairie.
Auteur : Emilie Gillet